JR, ou la photographie à hauteur d’homme, au Watari Museum

WatariJRdevantureUn petit musée à deux pas du quartier chic d’Omote-sando, le Watari Museum of Contemporary Art, Un photographe et artiste français aussi talentueux par la créativité de ses photos que par son sens de la mise en scène, un moment passionnant  qui pousse non seulement à la curiosité mais plus encore à ne pas rester inactif et à exploiter sa part de créativité.

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Trois religions réunis sur une image et colles sur les murs israéliens et palestiniens

Il ne faut pas longtemps pour visiter la petite exposition du Watari-um consacrée aux différents travaux du photographe JR mais c’est un moment jubilatoire et qui ouvre des portes sur ce que peut être l’art contemporain au meilleur de sa forme : Non pas ces artistes qui vendent des tableaux conceptuels à l’identique (parfois peints dans des ateliers par des sous-fifres et signes uniquement par l’artiste) comme en Chine, uniquement pour remplir les belles maisons des nouveaux riches des temps modernes, ceux-là qui se préoccuperont plus du format de la toile ou de la sculpture pour savoir si elle entrera bien dans leur salon et qui se demanderont avant tout combien sera coté leur tableau cinq ans plus tard, n’achetant que par esprit spéculatif plutôt qu’en se fiant à leur gout personnel. Non, il s’agit ici d’un artiste qui a commencé dans la rue et qui n’a jamais voulu la quitter. Graffiteur dans les sous-sol et les rues de Paris et sa banlieue, JR découvre la photographie en 2001 alors qu’il récupère un appareil 28mm dans le métro parisien. Il va alors progressivement devenir le propre photographe de ses œuvres, puis allant a la rencontre des artistes de rue et des habitants, il va mettre en scène les personnes qu’il photographe a travers des portrait qu’il expose dans la plus grande et la plus belle galerie au monde, la rue. Être à la fois à l’écoute des personnes qu’il rencontre et qu’il photographie et leur donner la possibilité d’être acteurs et spectateurs de leur vie ou d’un message qu’ils souhaitent faire passer, c’est toute la philosophie de ce jeune artiste.

Trois projets qui illustrent la démarche de JR : servir de relais aux populations qu’il rencontre pour véhiculer des émotions et engager les réflexions

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Portrait d’une Génération, les banlieues s’immergent avec humour et provocation dans les rues de Paris

Et son imagination est débordante, à l’image de trois de ses derniers projets : Portrait d’une génération est issue d’une réflexion post événements de Novembre 2005 en France lorsque les cités ont été montrées du doigt dans le monde entier, certains journalistes qui n’y avaient jamais mis les pieds mais n’ont pas eu peur de parler de quasi guerre civile. JR avait l’année précédente exposé dans la cite des Bosquets, sans faire preuve d’angélisme, il a été agace par cette vision simpliste et caricaturale des banlieues véhiculée par les médias. Il décide donc d’y retourner en 2006 pour prendre en photo les jeunes de la cite en leur demandant de surjouer les « sauvages » avec des portraits au 28mm. Il expose ensuite « sauvagement » dans les quartiers huppés de la capitale ces portraits de la jeunesse décadente … jouant le second degré sur la caricature pour faire entrer la banlieue dans Paris et surtout dans la réflexion des Parisiens pour casser les aprioris et les préconçus.

Avec Face2face, il décide plutôt que de mettre dos-à-dos Israéliens et palestiniens de les mettre face a face ou côte-à-côte. Il prend des portraits de palestiniens et israéliens pratiquant les mêmes métiers et les collent côte-à-côte sur les murs palestiniens et israéliens. Des deux côtés, les réactions et interrogations fusent lorsqu’il explicite aux passants la nature des portraits : « quoi, le portrait d’un palestinien sur un mur israélien ? « . Mais comme il l’explique lors de la remise du prix Ted 2011, JR se fend d’une réponse sous forme de question ironique à ses badauds interloqués : « A votre avis qui est l’Israélien, qui est le Palestinien ? ». Ce projet, sans aucune provocation, désamorce par l’humour les tensions. Pour preuve, ce magnifique portrait de trois religieux – un prêtre, un rabbin orthodoxe et un imam – côte-à-côte et hilares qu’il a affiché sur le mur de séparation, des côtés palestinien et israélien.

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Les rescapés du 11 mars 2011 ont pose dans le photomaton puis leurs portraits ont été exposes pour redonner de la joie et de la vie sur les bâtiments dévastés de la région de Fukushima

Avec Women are Heroes, c’est un projet encore plus ambitieux qui tient à mettre en valeur le rôle crucial des femmes dans des sociétés et des pays où on les entend trop peu. Grâce à d’immenses portraits et des entretiens qui seront retranscrits dans un film et un livre éponymes, l’objectif est de redonner de la dignité à des femmes qui souffrent de la violence urbaine dans les favellas de Rio, de la violence conjugale en Inde ou de l’extrême pauvreté au Kenya, au Liberia ou au Cambodge. Les portraits sont magnifiés par la mise en scène dans leur décor urbain : un visage de femme sur les escaliers d’une des favellas les plus dangereuses de Rio observe ses congénères de son regard a la fois compatissant et douloureux. Au Kenya, des yeux et des portraits imprimés sur des toiles servent de véritables toits imperméables aux habitants démunis, tout en communiquant leurs émotions au ciel qui les regarde.

Devenez le propre acteur du dernier projet de JR

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Repartez avec votre poster et associez-le un message qui vous tient a cœur

Pour son dernier projet, Inside Out, JR a imaginé un projet global, simple dans sa mise en place et qui repose sur le spectateur, acteur d’un instant. Son objectif réside dans ces mots prononcés lors de la remise de son prix à la TED Conference de Long Beach, Californie :  » I wish you to stand up for what you care about, by participating in a global art project and together we will turn the world … Inside out« . Le procédé : Un photo-maton imprime un grand poster du spectateur qui repart avec et peut y associer un message qui lui tient à cœur. Aujourd’hui, c’est plus de 120.000 posters qui ont été envoyés dans plus de 100 pays depuis mars 2011 et cette exposition a voyagé de Paris à Abu-Dhabi, d’Arles en Palestine, de Hong Kong pour arriver aujourd’hui à Tokyo.

N’hésitez pas, vous avez jusqu’au 2 juin 2013 pour tenter l’expérience.

The Watari Museum of Contemporary Art
3-7-6 jinguumae, Shibuya-ku
Tokyo Japan 150-0001
Tél. : 03-3402-3001 Fax : 03-3405-7714
URL : www.watarium.co.jp

Liens utiles  :
- Watari-um Museum of contemporary art
- Projet Inside-Out
- Inside-Out sur Facebook

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